La Rue
 
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Synthèse

La Rue : centre des revendications populaires...

 

Tout habitant de la ville a droit à l’espace qui s’offre à lui : la rue, comme le disent très bien Les Ogres de Barback dans Rue de Panam. La France a une histoire complexe et longue quant aux revendications politiques, manifestations et révolutions. De nombreux auteurs se sont lancés sur cette thématique historique qui s’inscrit de façon continuelle dans l’Histoire de France. De 1871 en passant par les grèves de 1995, et jusqu'aux cris de la jeunesse lycéenne, Pierre-Louis Basse et son équipe retrace 130 ans d’un tableau politique ponctué de manifestations dans le livre "Aux armes citoyens"... Barricades et manifestations de rue en France de 1871 à nos jours.


Cependant, manifestation ne rime plus avec sédition. Depuis les débuts de la Troisième République, les différents gouvernements se sont davantage appuyés sur la rue qu'ils n'ont été mis en cause par elle. Seules deux vagues de contestations, celles de février 1934 et celles de mai-juin 1968, ont contribué, en définitive, à déstabiliser le régime comme l’explique Danielle Tartakowsky dans Le pouvoir est dans la rue : crises politiques et manifestations en France. L’espace de la rue est depuis longtemps l’espace où le politique se met en scène, où les pouvoirs en place se représentent afin d’instaurer dans la conscience des citoyens un consensus autour de la forme de régime adoptée. La rue est devenue un enjeu politique majeur, dans la mesure où les pouvoirs en place et les forces d’opposition y créent des symboles, les détournent ou se les réapproprient afin de s’attirer par la fascination l’adhésion du plus grand nombre. Ces liens entre rue, urne et politique sont présentés dans la revue Pouvoir N°16 : La rue. Mais c’est également le lieu ou le pouvoir politique est remis en question par le peuple électeur et où ce dernier manifeste sa désapprobation –et rarement son approbation !


Notre époque partage le sentiment que la ville a perdu sa capacité de rassemblement public et plus largement, que le lien social se dilue. En réponse, les nouvelles formes d’expression politique prennent le pari volontaire d’un déblocage de l’ordre urbain. Il semble que les événements ne puissent acquérir leurs véritables poids d’urbanité et de sociabilité que dans la rue. Ainsi, la libération de la rue se fait par une diversité de manifestations comme le montrent les photographies de Jean-Louis Gendrot : La manifestation des prostituées et des travestis Paris – Pigalle. Les manifestations de rue occupent aujourd'hui le devant de la scène politique et les écrans de télévision. Elles ont leurs parcours obligés et leurs usages propres.


La manifestation trouve son équilibre entre expression, revendication, colère, joie ou recueillement. Parfois clandestine. Rarement institutionnelle, souvent organisée mais toujours spontanée, la manifestation a le don de faire resurgir sur le pavé tous les mythes d'anciennes révolutions. Dès 1997, la perte de repères identitaires autant que la crise économique conduisent à une inquiétante résurgence de l'extrême droite en Europe. En France, la manifestation de Strasbourg, spectaculaire prise de « parole citoyenne », augure de la construction d'un processus de résistances qui cherche ses marques. D'un côté, enfermé dans son « bunker », le FN. De l'autre, en une interminable manifestation, point d'orgue de multiples initiatives citoyennes, une parole joyeuse, un désir d'ouverture à l'autre, une exigence, aussi, d'un changement en profondeur de la société. C’est de cet événement que témoigne le documentaire de Jean Claude Poirson, La manif.


En 2002, a eu lieu une des plus grandes manifestations du XXIe siècle. Au cours des deux semaines séparant le premier du deuxième tour des élections présidentielles, la vie politique française a connu plus de bouleversements qu’en plusieurs années. L’annonce de la qualification de Jean-Marie Le Pen a déclenché toute une série de mouvements. Des manifestations spontanées se sont mises en place le soir du premier tour, puis très organisées le 1er mai. Entre ces deux dates la rue a été occupée jour après jour par des dizaines puis des centaines de milliers de manifestants affichant leur refus du Front National et des idées dont il est porteur. Ces événements sont décrits dans le documentaire de Georges Goldman, Le sursaut républicain, en chanson. Le 1er mai a été l’occasion d’une mobilisation rarement atteinte, avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Paris. La province s’est réveillée motivée. Dans une quarantaine de villes, quelque 870.000 personnes ont pris la rue. La plupart des grandes villes et de très nombreuses villes moyennes se sont mobilisées toute la matinée, battant parfois des records comme à Grenoble ou Lille où 30.000 personnes ont battu le pavé. On peut se souvenir aujourd’hui cet événement grâce aux photographies de Thierry Grégoire, 1er mai : Lille - entre deux tours des élections présidentielles (série).


Dans Chats perchés, Chris Marker nous propose d’allier à la manifestation, l’histoire, mais également ce qu’on appelle le graphe à travers ces étranges chats jaunes qui s’installent sur les murs de Paris en 2002. En effet la culture hip hop peut facilement être associée à la révolution politique. C’est un mouvement artistique qui s’élève contre la société, et par extension le pouvoir en place comme on peut le constater dans le CD Rue des rappeurs Alibi Montana et Lim ; il est souvent sans aucune concession.

 

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conclusion
lieu de la dernière chance... avant tout un lieu de vie...en ville centre des revendications populaires... nouveau lieu d'expression artistique... le public les documents la recherche documentaire la problématique le plan de classement de Gérard Jugnot de Robert Doisneau des Ogres de Barback du Collectif_fact de Chris Marker de l'association Hors les murs d'Elena Dapporto retour à l'introduction